L’industrie IT indienne se met au vert ?

Selon R. Ravichandran, directeur commercial d’Intel pour l’Asie du Sud, « la plupart des entreprises indiennes – y compris les administrations gouvernementales – sont très sensibles aux questions d’efficacité énergétique. » La principale motivation serait la maîtrise des coûts.

Ca, je peux l’accepter sans peine. Le coût que représente la production électrique autonome pour maintenir l’activité malgré les régulières coupures d’électricité commencerait à être « significatif », pour les entreprises de l’industrie IT indienne – et au-delà. Sauf peut-être pour certaines comme Reliance Global communications qui peut acheter son électricité à prix discount auprès de la branche énergie du groupe… Bien sûr, aucune des entreprises que j’ai rencontrées au cours des trois semaines que j’ai passées sur place n’a accepté de me fournir de donnée chiffrée communicable publiquement quant à ce coût de la production électrique autonome sur générateurs diesel. Mais en interne, certaines entreprises auraient commencé à faire circuler des consignes pour économiser l’énergie : monter la température de la climatisation, mettre les ordinateurs en veille, penser à éteindre les lumières, etc.  

Bureaux de Logica, à Bangalore

Reste que, dans les bureaux, l’équipement informatique ne brille pas toujours par son modernisme. Par exemple, les moniteurs à tube cathodique sont encore légion. Et je ne parle même pas de l’équipement des particuliers.

Le problème de l’Inde vis-à-vis des économies d’énergies, ce serait aussi une question de maturité. Une militante de Greenpeace, interrogée à Pune, m’expliquait ainsi que, pour beaucoup d’indiens, la climatisation en particulier et la consommation d’énergie en général, sont associés à la notion de luxe : consommer de l’énergie, c’est satisfaire son sentiment de progression sociale tout en entretenant l’image de la réussite auprès de son entourage. Et tant pis si cela se fait sans maîtrise ou de manière inefficace.

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