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Ve-Hotech VHS-4 : bien plus qu’un NAS domestique

Les manceaux de Ve-Hotech m’ont fait l’amabilité de me prêter un exemplaire de leur NAS, le VHS-4. Et je dois dire que je sors de quelques semaines de test de cet appareil à la fois enthousiaste et… frustré.

Le module de gestion des disques de l'interface Web d'administration du VHS-4

Pour commencer, le VHS-4 est clairement un bon NAS : en AFP, avec mon MacBook Pro, le transfert de fichiers, en lecture comme en écriture, tourne globalement aux alentours 40 Mo/s avec des pointes à 60 Mo/s, sur des disques configurés en RAID 5 et un réseau Gigabit sur une borne AirPort Extreme. Nous voilà bien loin des 20 Mo/s de nombre de NAS domestiques d’entrée de gamme. Pour ne rien gâcher, le VHS-4 est compatible Time Machine et supporte la diffusion de contenus multimédia en UPnP et Daap (iTunes). Il peut aussi faire office de serveur Squeezebox. Bref, voilà un serveur multimédia complet, rapide et sûr avec ses quatre disques durs extractibles à chaud et supportant RAID 5 et RAID 10. Sans compter l’option tuner TNT. Mais je ne vais pas vous refaire la fiche technique; elle est suffisamment complète.

A vrai dire, c’est le volet virtualisation du VHS-4 qui a le plus retenu mon attention. S’appuyant sur l’hyperviseur Qemu, le logiciel système du VHS-4 (réinstallable via une clé USB fournie par le constructeur; ça mérite d’être précisé) est livré avec deux machines virtuelles : un Ubuntu serveur et un Ubuntu client. La dernière ayant plutôt vocation à être utilisée en VNC, comme un poste de travail virtuel. L’interface Web d’administration du VHS-4 permet de créer des nouvelles machines virtuelles, de les configurer (mémoire vive, espace disque, démarrage automatique, etc.). De quoi ouvrir des perspectives considérables : intégrer un serveur de messagerie ou de travail collaboratif (Zimbra ou Kerio Connect, par exemple); un serveur VPN; un IPBX Asterix pour la ToIP d’un petit groupe de travail, etc. Bref, le VHS-4 peut se transformer en extraordinaire terrain de jeu pour geek impénitent autant que précieux outil professionnel pour TPE.

C’est là que commence ma frustration. J’aurais aimé que Ve-Hotech pousse un peu plus loin dans ces deux directions en proposant, par exemple, le support de iSCSI avec Thin Provisioning ou encore un client LDAP pour simplifier la gestion des utilisateurs. Et, tant qu’à faire, de permettre, via l’interface d’administration, d’associer directement une machine virtuelle à un volume iSCSI. Bref, retrouver une offre fonctionnelle, côté stockage et multimédia, comparable à celle des logiciels Qnap ou Synology, avec, en plus, le volet TV, pour le multimédia, et le volet virtualisation pour l’entreprise.

Regretter que la VHS-4 ne soit pas un peu plus pro ne fait pas sens ? Que nenni ! J’ai eu  l’occasion d’évoquer ces questions avec un porte-parole de Ve-Hotech lors d’un entretien téléphonique : sans surprise, le VHS-4 semble également acheté et déployé pour des environnements professionnels de TPE. Une piste commerciale qui mériterait donc d’être explorée plus avant.

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Hyperspace Hybrid : un premier hyperviseur « natif » pour PC qui pose plus de questions qu’il n’en résout

Hyperspace Hybrid… rien à voir avec Star Wars. Il s’agit d’une solution conçue par le spécialiste des BIOS de PC Phoenix pour éviter d’avoir à recourir à Windows pour surfer sur Web, relever son e-mail ou chatter en ligne. Voire même regarder des vidéos. Pour la base, tout est sur le site Web de Phoenix, ici. Pour le concept, faisons simple : sur un Mac, Parallels Desktop et VMware Fusion permettent de faire fonctionner un « faux PC » sous Windows ou Linux, « dans » Mac OS X.

Le concept d'Hyperspace Hybrid

Le concept d'Hyperspace Hybrid

On parle de virtualisation de type 2. Virtualisation car il s’agit d’un PC virtuel. De type 2 parce que ce PC virtuel fonctionne dans un logiciel qui s’exécute lui-même dans un système d’exploitation. La virtualisation de type 1, par opposition, consiste à faire fonctionner des ordinateurs virtuels sur un ordinateur physique, en dehors de tout système d’exploitation de base ou « hôte », comme il convient plutôt de dire. Hyperspace Hybrid, en définitive, c’est un peu le prototype de ce que pourrait être l’hyperviseur – le logiciel chargé de faire fonctionner les machines virtuelles – de type 1 que Citrix se propose de développer avec Intel : il s’agit de faire fonctionner un PC virtuel sous Windows d’un côté, et un PC virtuel sous Linux de l’autre, sans que l’un ne fonctionne dans l’autre. La comparaison est d’autant plus pertinente que Phoenix devance quelque peu Citrix dans son exploitation de l’hyperviseur Xen sur des postes clients, alors que l’on le connaît plutôt sur les serveurs.

Des performances limitées sous Windows

Voilà pour la théorie. La pratique a de quoi faire pâlir, en l’état. Sur un ThinkPad X301 prêté par Lenovo, l’installation d’Hyperspace Hybrid se déroule sans trop de soucis – après ajustement automatique de la taille des partitions afin de permettre au bootloader de Phoenix de s’installer -, tout juste faut-il redémarrer une fois pour passer le BIOS et activer les extensions VT du processeur Intel, indispensables à l’hyperviseur de Phoenix. L’installation terminée, il faut redémarrer.

Fin de l'installation d'Hyperspace Hybrid

Fin de l'installation d'Hyperspace Hybrid

Le redémarrage se fait sous un Linux fortement allégé par Phoenix, et concentré autour d’une version modifiée de Firefox 3. Lequel navigateur permet d’accéder à des sites Web prédéfinis par l’éditeur : Meebo pour la messagerie instantanée, YouTube, Flickr, FaceBook, Gmail, etc. Hyperspace Hybrid permet de configurer la connexion WiFi. Mais – première déconvenue – pas le clavier, qu’il considère comme un clavier Qwerty nord américain. Cela dit, la connexion WiFi fonctionne à merveille, y compris au sortir de veille.

Pendant que l’on joue à surfer avec Hyperspace Hybrid, le PC virtuel sous Windows Vista – c’est la configuration par défaut du X301 – se charge tranquillement. Et, il faut le reconnaître, pas très rapidement. Après quelques minutes, cette seconde machine virtuelle est néanmoins disponible : on passe de l’une à l’autre par une pression sur la touche F4. Mais le passage à Vista a de quoi faire frissonner au premier abord : la résolution de l’affichage est retombée à 800×600 pixels ; les effets de transparence de Vista ont disparus ; Vista veut installer un nouveau pilote de carte son et signale la perte du module de sécurité TPM. Dans la foulée, il indique qu’il voudrait bien qu’on le « réactive » auprès de Microsoft, mais ce n’est pas possible ; pour l’éditeur, ce Windows Vista serait une version pirate et il faut décrocher son téléphone pour négocier.

Détails du pilote développé par Phoenix pour son hyperviseur.

Détails du pilote développé par Phoenix pour son hyperviseur.

Bref, tout cela prend des airs de mauvaise farce. Et ce n’est pas fini. La résolution de l’écran peut être ramenée à 1280×800 pixels, mais il n’est pas question de retrouver la transparence sous Vista : l’hyperviseur de Phoenix ne fournit aucune accélération matérielle ; 3DMark’06 ne veut même pas se lancer ; les adeptes de la virtualisation sous Mac OS X connaissent bien ce phénomène. Et pas question de lire un DVD : le lecteur/graveur intégré n’est reconnu sous aucune des deux machines virtuelles ; il est condamné. Par chance, les clés USB ne connaissent pas le même souci.

La solution du futur ?

La bonne nouvelle, c’est qu’Hyperspace Hybrid démarre très très vite – on peut compter là en quelques très petites dizaines de secondes -, bien moins que Windows Vista, ce qui laisse largement le temps de commencer à surfer ou à consulter son courrier électronique pendant que Vista démarre. L’autre bonne nouvelle, c’est que l’on peut retrouver la pleine expérience Vista en appuyant sur la touche F4 à la mise sous tension. Mais pas en sortie de veille : il faut un vrai redémarrage physique. Avec, à la clé, le retour des questions de Windows relatives à son activation. Et ça, à la longue, ça risque de fatiguer.

Bref, Hyperspace Hybrid présente un intérêt certain, en tant que prototype de ce que les hyperviseurs de type 1 pour ordinateurs personnels pourront faire… demain. En attendant, on peut regretter que Phoenix souhaite déjà facturer sa solution (60 $/an), avec tout ce qu’elle a de bancal. Et les premiers retours d’expérience, sur les forums de l’éditeur, sont peu amènes avec deux sujets particulièrement actifs : l’installation échoue ; comment désinstaller. Mais tout cela n’a pas empêché Asus de vouloir l’adopter pour de prochaines machines. On lui souhaite de profiter d’une prochaine version.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : Hyperspace préfigure très probablement les environnements logiciels d’une bonne partie des ordinateurs personnels de demain, ne serait-ce que parce que les entreprises ont là d’importantes économies à réaliser en matière de gestion de gestion de parc informatique. Phoenix ne s’y trompe d’ailleurs pas : il invite déjà des partenaires à proposer des extensions pour son Hyperspace, extensions qui seront validées et verrouillées et pourront, par exemple, être circonscrites à des applications métiers proposées par une entreprise cliente. L’éditeur le précise même : son hyperviseur peut être embarqué directement dans le BIOS et intégré dans une longue chaine sécurisée faisant usage des puces TPM et de composants dédiés au chiffrement.

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Windows 7, la menace

Le discours officiel est assez lisse. Chez les spécialistes de la virtualisation sur Mac OS X, on affiche sa sérénité face à l’arrivée programmée, cette année, de Windows Seven. Et d’insister même sur les apports attendus de cette nouvelle mouture de l’OS de Redmond en matière de modularité et de flexibilité. De quoi aider à obtenir de meilleures performances…

Hors micro, les langues se délient. Pour beaucoup, la progression – fulgurante, selon certains – de Mac OS X ces derniers mois, que ce soit auprès du grand pubic ou en entreprise, est au moins en partie liée au bide de Vista. Du coup, l’arrivée progressive de Windows 7, avec son cortège de pré-versions, risque bien d’être observé de très très près.

En filigrane, le message est clair : si Microsoft réussit son coup avec Windows 7, il pourrait donner un coup d’arrêt, sinon au moins ralentir, la progression des concurrents que sont Mac OS X d’une part, et Linux de l’autre. Une perspective qui ne semble séduire aucun spécialiste de la virtualisation sur Mac. Surtout dès lors qu’Apple continue de leur fermer la porte pour son système d’exploitation client.

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