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Apple, l’ultime dindon de la farce des avertisseurs de radars ?

Mise à jour ce lundi 30 mai, dans l’après-midi, sur MacGénération »

L'annonce de l'Afftac sur le site d'Avertinoo

Le malaise m’a paru palpable, ce matin, alors que j’essayais de discuter, au téléphone avec l’un des éditeurs d’avertisseurs de radars pour iPhone, membre de l’Afftac. Il faut dire que la communication est quelque peu brouillonne, ce samedi 28 mai, alors que l’Afftac a rencontré Claude Guéant, au ministère de l’Intérieur, hier soir. Vu du ministère, les avertisseurs de radars devraient se transformer en avertisseurs de «zones dangereuses,» avec interdiction d’avertir de la position exacte des radars. Vu de l’Afftac, rien ne change vraiment et «la fonction “avertisseur de zones à risques” permet de signaler et de partager, comme avant, toutes les informations (perturbations routières, accidents, ralentissements, radars, patrouilleurs sur autoroute…). Nos appareils gardent leurs fonctions communicantes temps réel.» Une lecture fine de ces deux messages en apparence contradictoires laisse à penser que oui, les avertisseurs pourront continuer de remplir leur rôle mais peut-être pas avec la même précision qu’actuellement. Et qu’au lieu d’avoir une indication «radar fixe à 700 mètres», ce sera plutôt «vous entrez dans une zone dangereuse», deux voire trois ou encore quatre kilomètres avant le dit radar fixe – ou tout juste 10 mètres. D’autant que l’indépendance des différents services semble fortement remise en cause : «les services de l’Etat apporteront ainsi leur appui à la diffusion de l’information, qu’il s’agisse des vitesses autorisées, de l’état du trafic ou de la lutte contre la somnolence.»

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Sur iPhone, Coyote veut des utilisateurs fidèles et motivés

iCoyote, la version logicielle, pour iPhone, du système d’avertisseur radar communautaire Coyote, lancée à l’été dernier, s’apprête à devenir payante. Et pas à moitié, diraient des utilisateurs qui ont eu le temps de prendre goût à la gratuité. A partir du premier janvier prochain, il faudra débourser entre 2,90 et 99 € pour profiter d’iCoyote : 2,9 € euros pour un week-end ; 4,9 € pour 7 jours ; 12 € pour un mois ; 49 € pour tous les week-ends de l’année ; et 99 € à l’année.

C’est sûr, ce n’est pas donné. Surtout pour un logiciel qu’il est impossible de faire fonctionner en tâche de fond (sauf jailbreak avec l’excellent Backgrounder) derrière un Navigon ou un TomTom. On peut en outre relever que le tarif d’abonnement mensuel est le même que celui pratiqué pour un Coyote Mini. Sauf que, avec ce boîtier, l’abonnement inclut les communications data sur le réseau mobile ; communications déjà payées par l’abonné iPhone.

iCoyote 1.2

iCoyote 1.2

Alors, faut-il crier au scandale et considérer que Coyote prend les utilisateurs d’iPhone pour des vaches à lait ? Pas sûr… C’est triste à dire, mais le risque de la gratuité, pour ce genre d’application, ce sont des utilisateurs peu mobilisés, voire fantaisistes, sinon carrément malveillant. Je l’ai déjà rencontré avec iCoyote : un matin, sur l’autoroute A10, entre le péage de Saint Arnoult et l’A86, un petit rigolo s’amusait à égrainer les alertes tous les kilomètres…

Mais si le payant se justifie, que dire du tarif proposé ? D’une part, il semble tenir d’un profiling étroit des utilisateurs de l’application iPhone, des utilisateurs qui, échappant à un coût d’acquisition significatif – le Coyote Mini est proposé près de 150 euros, contre près de 200 € pour son successeur, le Coyote Mini 2, chacun avec 3 mois d’abonnement au service –, n’activent l’application que de manière sporadique ; ce ne sont pas des road warriors professionnels. Les tarifs Week-end et semaine ne me choquent pas, de se point de vue.

Le tarif mensuel trouve lui, à mon sens, sa justification dans la recherche d’une segmentation de la clientèle par l’usage et… par la motivation. A 12 euros/mois, l’utilisateur intensif appréciera peut-être plus le boîtier autonome que l’application. Mais, à 99 euros/an, l’utilisateur iPhone profite d’une belle ristourne par rapport à l’utilisateur du boîtier – facturé 144 euros/an ou encore 250 euros pour deux ans. Bref, j’ai l’impression que Coyote essaie potentiellement de dissuader de l’abonnement mensuel sur iPhone pour mieux y fidéliser des clients à l’année. Des clients que l’éditeur du service veut aussi « motivés » que possible.

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Le marché des avertisseurs radars pour iPhone au bord de l'implosion ?

IRadar, Avertinoo, RadarFree, Sentinelle Radar, Wikango, AlertRadar, Eklaireur… les avertisseurs de radars ont fleuri sur l’AppStore d’iTunes au cours des derniers mois, profitant du récepteur GPS intégré de l’iPhone, de la connexion à Internet permanente intégrée au forfait, et du succès commercial de l’appareil. Et le public semble au rendez-vous. Chez Warning Radar, l’éditeur de Sentinelle Radar, Philippe Pénide revendique plus de 12 000 utilisateurs – « j’ai été surpris de l’envolée ; nous avons eu plusieurs centaines de téléchargements par jour suite au lancement. » Eklaireur serait quant à lui autour de 15 000 utilisateurs réguliers. Mais cette floraison ne va pas sans poser bon nombre de questions.

Des informations fiables ?

Sentinelle Radar

Sentinelle Radar

La première d’entre elles touche évidemment à la fiabilité des informations reçues par l’éditeur du service puis de celles transmises aux utilisateurs. Et là, force est de constater que tout le monde n’est pas égal. Avertinoo, par exemple, ne semble pour l’heure que se contenter d’indiquer les utilisateurs – baptisés suricates pour l’occasion – passés précédemment dans le rayon d’avertissement défini par l’utilisateur du logiciel, sur son iPhone. François Marcon, un des créateurs d’Eklaireur, revendique un système plus fin, où les positions et les événements relevées par les utilisateurs de son logiciel, sont rapprochées le plus finement possible des tracés routiers : « disposer du nombre d’utilisateurs autour de soi ne sert à rien. En revanche, disposer du nombre d’utilisateurs ayant emprunté récemment exactement le même trajet que soi est pertinent, même si un seul utilisateur est passé sur ce trajet. » Pas faux. D’ailleurs, c’est à la fois pour conforter l’utilisateur et pour faire la démonstration du savoir-faire technologique de ses équipes de développement que le logiciel affiche le nom de voie empruntée.

Du coup, pour François Marcon, avoir une communauté très importante, en volume, apparaît moins essentiel que pour d’autres. Un avis que ne partage pas Philippe Pénide, même si, lui aussi, s’attache à associer alertes radars et axes routiers, y compris avec des interventions manuelles – « c’est indispensable ; il y a beaucoup d’utilisateurs qui jouent à signaler des radars alors qu’ils sont dans le TGV… ». Philipe Pénide ne cache pas son ambition pour Sentinelle Radar : « devenir rapidement la première plateforme française. » Et de miser notamment sur sa présence sur le Web, avant l’iPhone : « beaucoup de monde vient à notre logiciel iPhone via notre site Web. » Mais aussi sur l’extension multi-plateformes de son service, avec le support des terminaux Android, Symbian ou encore Windows Mobile. Une ouverture que n’exclut pas François Marcon qui, sans trop s’avancer, indique privilégier les plateformes « qui, comme l’iPhone, allient des capacités technologiques, une ergonomie de qualité et une segmentation client intéressée à priori par ce type d’application. »

Au final, pour Philippe Pénide, « il faut attendre 1 million de téléchargements, toutes plateformes confondues pour bien couvrir la France », et 150 000 à 200 000 sur le seul iPhone ; « notre objectif d’ici 12 mois. »

Après l’explosion, la concentration ?

Eklaireur

Eklaireur

Et pour cela, il y a la croissance organique et la croissance externe. Interrogés sur l’éventualité de fédérations de bases de données entre acteurs du marché, François Marcon et Philippe Pénide rejettent en bloc l’hypothèse. Pour Philippe Pénide, le besoin est bien là, mais « à part avec des fusions/acquisitions, je ne vois pas. […] Ceux qui n’arriveront pas à obtenir rapidement de gros volumes vont s’essoufler. » Alors oui, la guerre semble bel et bien ouverte.

D’autant plus qu’à la question des volumes d’utilisateurs s’ajoute celle des coûts. De fait, les éditeurs de ces logiciels supportent des frais fixes d’infrastructure et de personnel – pour le support ou la fiabilisation des données remontées par les utilisateurs – alors que les utilisateurs ne paient qu’une fois ; il n’y a pas d’abonnement. Une situation tenable à long terme, une fois la phase de conquête du marché passée ? Chez Eklaireur, François Marcon estime que oui : « le modèle de vente à l’acte est actuellement compatible avec les coûts récurrents techniques et de support générés par le produit. » Sentinelle Radar s’appuie quant à lui sur Absolu Telecom, un prestataire de solutions de micropaiement luxembourgeois, « low-cost ». Et puis, pour Philippe Pénide, c’est une question de marketing : « on veut permettre à l’utilisateur insatisfait de partir, le cas échéant, sans avoir le sentiment de s’être fait avoir. Et pour ça, mieux vaut pricer petit. » Mais quid des autres acteurs du marché ?

Plus qu’un outil pour road warrior

Mais les éditeurs d’Eklaireur et de Sentinelle Radar misent, en plus de la qualité de service, sur l’extension de l’information routière, pour fidéliser leur clientèle et augmenter les taux d’usage. Jusqu’à prêter à cette clientèle des intentions peut-être discutables. Pour François Marcon, « les utilisateurs recherchent dans Eklaireur de l’information, de la prévention et plus de sécurite, et non strictement un avertisseur de radar; c’est la raison pour laquelle nous poursuivons une politique d’innovation. » Alors l’éditeur d’Eklaireur insiste sur le volet prévention routière de son logiciel, enrichi précisément, dans sa toute nouvelle v2.33, de l’info-trafic : « ça peut être vital. » Une extension que vise aussi Philippe Pénide, prévoyant en outre l’intégration de la météo routière et des prix des carburants. Sans trop s’avancer sur sa roadmap pour Eklaireur, François Marcon reconnaît en outre que la gestion des itinéraires pourrait être une suite logique à l’intégration des infos trafic, ne serait-ce que pour permettre le calcul d’itinéraires alternatifs : « cela pourrait être une des innovations de futures versions »…

Coyote

Coyote

Un futur nouveau concurrent de poids…

Mais jusqu’où tous ces plans ne risquent-ils pas d’être contrariés ? Un concurrent de poids des logiciels de signalisation de radars n’est pas encore présent sur les Smartphones : Coyote. Il revendique plus de 120 000 utilisateurs en France. Et c’est bien lui qui pourrait mettre tout le monde d’accord. Selon diverses sources anonymes, un prototype de logiciel Coyote pour iPhone serait en test chez Orange et SFR. Interrogés sur le sujet, les éditeurs de Sentinelle Radar et d’Eklaireur voient plutôt d’un bon œil l’éventualité de l’arrivée d’un tel concurrent, qualifié de « sérieux », sur le marché. Reste à savoir comment Coyote [que j’ai sollicité, mais qui n’a pas répondu à mon courriel, NDLA][MàJ: les équipes de Coyote m’ont répondu et confirment la sortie début juin de leur application iPhone.] concilierait son activité traditionnelle avec le marché de l’iPhone. La réponse à la sortie de la version 3.0 de l’iPhone OS et de la commercialisation des applications à l’abonnement ?

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