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Quand Apple joue sur du velours…

Google s’en souvient – et pas que lui -, il y a un an et demi, j’évoquais le caractère radicalement disruptif de l’iPad et son potentiel ravageur sur le marché de l’informatique personnelle et des netbooks, notamment mais pas que. J’avais tort quant à son impact vis-à-vis du MacBook Air. Et d’Android. Et – je l’espère, mais là c’est un voeu personnel parce que j’adooore les écrans e-Ink pour lire – pour le Kindle (et le Nook, au passage). Pour le reste, les chiffres de Gartner sur les ventes de PC en France et en Europe de l’Ouest me confortent dans mon regard, trimestre après trimestre. Outre la satisfaction personnelle de ne pas avoir tout faux, la question qui se pose, c’est pourquoi.

Pourquoi les ventes de PC – et notamment portables, et en particulier celles de netbooks – s’effondrent-elles ? Pourquoi l’iPad semble-t-il être la seule tablette dont veuillent les consommateurs (y compris quand on leur en donne le choix…) ? Pourquoi les ventes de Mac se portent-elles encore plutôt pas mal là où le reste de l’industrie du PC souffre ?

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iPad : Ooooppsss ! I killed the MacBook Air, and also Maemo, and perhaps Android, and Kindle, and also… netbooks ? (Apologies Archos)

Ok, ce soir, j’ai sorti ma grosse louche. La plus grosse de la cuisine en fait. Mais, sérieusement, Apple ne vient-il pas de décocher ce que nos amis anglophones appelleraient un « silver bullet » ? – balle d’argent, le truc indispensable pour éliminer un vampire.

Extrait de la pub Apple.

Je suis tenté de penser que… oui. En fait, l’appareil se contenterait de pouvoir surfer sur le Web ou lire des pages HTML (genre eBook) stockées en cache que ce serait déjà un hit. Pourquoi ? Peut-être tout simplement parce que, contrairement à ses wannabe-concurrents, il ressemble à quelque chose. Et en la matière, Apple en connaît un rayon : non seulement il faut au produit des fonctions, mais il faut que le produit soit un produit, bref, qu’il ait de la gueule, une présence, qu’il parle à son acheteur en devenir et qu’il lui donne le sentiment d’être quelqu’un. Et tant pis si l’acheteur en est encore aux Rolex – sur un plan purement esthétique s’entend. Bref, l’iPad a une tronche, c’est déjà un produit, tandis que ses concurrents immédiats ne sont que des appareils.

Ça, c’est pour l’aspect empathie avec l’objet. Le reste, d’une certaine façon, n’est que fonctionnel. Mais peut-être est-ce déjà trop. Parce que, que fait-on avec un netbook, par exemple ? Surfer sur le Web, chatter, faire ses comptes, échanger des e-mails ? Confortablement, c’est à peu près tout. Les Moblin et autres Ubuntu – pour ne citer qu’eux – l’on bien compris, avec leurs interfaces taillées pour des usages multimédia… de consultation, pour l’essentiel. Las, pour eux, le créneau Windows 7 – modérément adapté à la chose, quoiqu’en pense HP – vient peut-être de se refermer. De fait, la question est clairement posée : alors que l’iPad sera proposé fin mars à partir de 500 $ (400 € ? – on peut espérer…), où les acheteurs potentiels de netbooks orienteront-ils leur budget ? Souvenez-vous : d’après de nombreux analystes et constructeurs, le marché du netbook, c’était celui du second équipement – le client a déjà un ordinateur principal à la maison, par confort, il en veut un second.

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iPhone/iPod Touch : des prédateurs à large spectre ?

J’ai déjà évoqué la manière dont, j’imagine, l’iPhone et l’iPod Touch sont susceptibles de se révéler cannibales à l’encontre des netbooks. Cassant, du coup, une partie de la belle machinerie imaginée par les constructeurs informatiques pour relancer leurs ventes. Mon épouse vient de mettre le doigt sur d’autres victimes potentielles de l’iPhone : la télévision mobile personnelle (TMP) et le téléviseur « secondaire » – sabrant au passage un autre pan de la belle machinerie des constructeurs informatiques pour relancer leurs ventes…

Télévision en direct avec EyeTV sur iPhone

Télévision en direct avec EyeTV sur iPhone

Ce soir, j’ai fait découvrir à mon épouse l’application EyeTV, configurée pour fonctionner en conjonction avec l’EyeTV – application de réception TV/TNT/ADSL – installée sur le Mac Mini de la maison. Sa réaction ? « Je veux ça sur mon iPhone ! Pour regarder [une émission visant la ménagère jeune femme-mère de famille de moins de 50 ans, diffusée sur une chaine privée] pendant que nos fils prennent leur bain. » Je lui expliquais que l’application EyeTV permettait de programmer les enregistrements mais, aussi, de regarder la télévision en direct – y compris M6 et TF1 malgré leur réticence à être diffusés en streaming par des opérateurs tels que Free… A la maison, nous n’avons qu’un seul téléviseur, dans le salon. Mais pour peu que nous ayons eu, un instant, l’idée d’en installer d’autres, dans d’autres pièces, le projet aurait été tué dans l’œuf : de téléviseur « secondaire », il n’y aura point chez nous ; l’iPhone, couplé à une application telle que EyeTV, suffira. Le même destin funeste attend manifestement les éventuels terminaux qui essaieraient de nous proposer la TNT en version pseudo nomade : l’iPhone suffit à répondre au besoin d’accéder à la télévision ; le support de diffusion – réseau local WiFi ou TNT – importe finalement assez peu. Et j’ai bien peur que le même sort ne guette également ces ordinateurs domestiques tout-en-un si proches d’une sorte de téléviseur évolué que s’apprêtent à promouvoir les constructeurs d’ordinateurs personnels.

Bref, l’iPhone killer n’est probablement pas né, tout simplement parce que l’anti-virus à spectre (très) large correspondant n’existe pas. Pour l’industrie de l’informatique personnelle et familiale, l’iPhone et l’iPod Touch, avec leurs airs de prédateurs… à spectre large, pourraient s’avérer plus dangereux qu’une grippe A/H1N1.

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De l’audace que diable !

L’industrie de l’informatique personnelle va mal. Elle souffre dans ses ventes, en volume comme – sinon surtout – en valeur. Depuis un peu plus d’un an, sous l’impulsion d’Asus, elle s’est même lancée dans une course aux allures de suicide. Je veux bien sûr parler des netbooks, ces ultra-portables à bas coût. Un constructeur, récemment, me le confiait : « on est en train de se tirer une balle dans le pied avec le sourire. » Dans ce contexte, il y en a un qui s’en sort plutôt pas mal : Apple.

Et si les constructeurs de PC ne manquent pas de le railler en public – comme MSI, il y a peu -, en privé, ils manifestent de temps à autre une certaine jalousie. Apple serait ainsi l’un des seuls à réussir à vendre des machines que ses détracteurs ont tôt fait de qualifier de trop chères : à plus de 800 euros. Sur ce segment de prix, Apple s’offrirait même 60 % de parts de marché outre-Atlantique. Une niche, donc, mais rentable. Et qui permet à Apple de regarder de haut ses concurrents ou, à défaut, de leur témoigner tout l’indifférence du monde.
Car, en dessous de cette barre des 800 euros, ils sont une dizaine à batailler pour nos portefeuilles de consommateurs exsangues, tirant inlassablement le marché vers le bas. Une logique qui, cependant, touche clairement à ses limites. Las, pour se différencier, les constructeurs de PC manquent de moyens.

Un netbook

Un netbook

Souvent, les efforts de conception technique ont été confiés à des sous-traitants : les incontournables Compal, Quanta, etc. comme me le faisait remarquer un constructeur asiatique il y a peu. Ces sous-traitants fournissent des machines pré-assemblées aux constructeurs ; il ne reste grosso modo plus qu’à ajouter RAM, processeur, et disque dur. On l’a vu chez Lenovo, dans son usine d’assemblage de Lianxiang, à Shanghai. Avec les fondeurs – et Intel en particulier, ces temps-ci – ces sous-traitants tiennent les rênes du marché et disposent de la capacité de faire ou défaire des constructeurs. En 2006, déjà, le cabinet iSuppli estimait à plus de 82 % la part d’ordinateurs portables dont la conception avait été déléguée à un sous-traitant, par son constructeur… Et ces derniers suivent, inlassablement. Enchaînant les renouvellements de gammes plus atones les uns que les autres.

De l’audace ai-je envie de leur crier ! Par pitié, surprenez-nous ! Seulement voilà, pour l’un de ces constructeurs de PC avec lequel j’évoquais récemment le sujet, « c’est trop risqué de partir tout seul dans une autre stratégie. » Le syndrome du mouton de Panurge ? En tout cas, c’est trop risqué « pour les actionnaires ». Ne serait-ce que parce que cela signifie investir pour renverser la vapeur sur la politique de R&D, sans garantie d’adhésion du marché… Avec, en parallèle, le risque de se laisser dépasser par d’autres concurrents qui auront tôt fait de profiter d’une place potentiellement laissée vacante sur ce marché de masse du PC portable à moins de 800 euros. Certes, l’innovation pourrait se faire par le logiciel. HP l’a bien compris avec l’interface tactile maison de ses TouchSmart ou encore la surcouche MIE de ses netbooks sous Linux. L’intérêt soudain de quelques constructeurs de netbooks pour Moblin et Android n’est d’ailleurs probablement pas innocent. Peut-être même que, cette fois-ci, le besoin qu’ont les constructeurs de se démarquer empêchera Microsoft de couper l’herbe sous le pied à Linux comme il a réussit à le faire avec les premiers netbooks et sa licence Windows XP bradée (env. 12 $).

Mais il faut aussi compter avec l’effet psychologiquement paralysant de la conjoncture… « mais c’est la crise ! » Justement, c’est peut-être maintenant ou jamais. Pour certains, du moins.

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Apple s’impose comme référence de l’informatique grand public

Werner Dao, Country Manager de MSI pour l'Allemagne

Werner Dao, Country Manager de MSI pour l'Allemagne

Ma rencontre, en septembre dernier, avec Johnson Lee, patron du design de Lenovo, mais aussi avec les équipes de la division Hardware de Microsoft, largement équipées de MacBook Pro, m’avait mis la puce à l’oreille : Apple, malgré ses parts de marché réduites, a des airs de référence pour l’ensemble de l’industrie de l’informatique grand public. La conférence de presse organisée par MSI, ce jeudi 14 mai, à Franccfort, pour présenter officiellement les ultra-portables X400 et X600, est venue conforter ce sentiment.

Werner Dao, directeur de MSI en Allemagne, est ainsi entré en scène une pomme croquée à la main, lançant au parterre de journalistes présents : « j’oubliais, je suis allergique aux pommes ; je hais les pommes, » dans une allusion à peine voilée à Apple. Et d’insister plus loin, levant les yeux au ciel pour un « Steve, êtes-vous là ? »

Ted Hung, patron du développement de MSI, assure « reconnaître » les apports d’Apple à la micro-informatique personnelle, ne cachant pas son « respect » pour une marque qu’il qualifie de « défricheur de tendances. »

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