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iPad Mini : et si Apple refaisait le coup qu’il a fait au marché des PC ?

Pour beaucoup, le nouvel iPad Mini est trop cher. Et c’est plutôt une bonne nouvelle pour les autres acteurs du marché des tablettes tactiles 7 pouces auquel Apple laisserait ainsi une bouffée d’air frais. Ainsi, selon Nomura Equity Research, ni Amazon avec son Kindle Fire, ni Google avec sa Nexus 7 ne devraient souffrir de l’arrivée de l’iPad Mini. Non, le nouveau venu devrait surtout permettre d’étendre le marché, attirant une nouvelle clientèle.

Le nouvel iPad Mini d’Apple.

A moins qu’Apple n’attire un nouveau segment de clientèle, suivant une approche qui lui a plutôt bien réussi sur le domaine des ordinateurs personnels, en particulier des iPad. Plutôt que de se lancer à corps perdu dans une guerre des prix fortement préjudiciable aux marges – tant à celles d’Apple qu’à celles de l’industrie en général; et on l’a vu avec les netbooks dont, faut-il le rappeler, un constructeur confiait discrètement au printemps 2009 que “nous sommes en train de nous tirer une balle dans le pied avec le sourire”… – la firme à la pomme mise sur le haut de gamme. Avec un produit cher mais fortement qualitatif. Certains confrères ayant eu la chance d’avoir la primeur de sa prise en main n’ont pas manqué de souligner à quel point l’iPad Mini inspire robustesse et qualité là où ses concurrents font désormais l’effet de jouets. Ce type de comparaison ne s’est-il pas longtemps appliqué – s’il ne s’applique pas encore… – aux ordinateurs Apple par rapport aux PC ? Et cela lui a plutôt bien réussi, au moins sur le plan financier.

Souvenez-vous : il y a près de 4 ans, tout le monde s’accorder à constater qu’Apple était l’un des seuls constructeurs à réussir à vendre des machines à plus de 800 euros. Un segment de niches, certes, mais sur lequel le groupe se serait offert 60 % de parts de marché outre-Atlantique. Une niche, peut-être, mais aux allures de poule aux oeufs d’or. Et une poule d’autant plus généreuse que, tant sur l’entrée que sur le milieu de gamme, la guerre faisait rage pour grapiller la moindre part de marché, entre une dizaine de constructeurs concurrents.
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Les tablettes peuvent-elles tuer les liseuses électroniques ?

Le Kindle d'Amazon.

Guerre des chiffres. Selon une étude Yudu relayée par mes confrères de PC Inpact, «les lecteurs de livres électroniques utilisant une liseuse sont minoritaires (ou le seront d’ici peu), suite au succès fulgurant des tablettes, et plus particulièrement de l’iPad d’Apple.» Les chiffres de Yudu semblent sans appel : le taux d’équipement en liseuses reculerait progressivement, tandis que celui des tablettes ne cesse de progresser. Ironie du calendrier, Pew vient de présenter une étude aux conclusions exactement contraires : les liseuses seraient passées d’un taux d’équipement de 6 % aux US en novembre dernier, à 12 % au mois de mai. Tandis que les tablettes sont passées, dans le même temps, de 5 % à 8 %. Difficile de croire que le marché est résolument en berne…

Mais l’autre point intéressant de l’étude de Pew est le taux de double équipement : 3 % des américains seraient équipés d’une tablette et d’une liseuse. La réponse est peut-être là : les deux produits sont finalement assez complémentaires, sur le plan technologique. De fait, si, sur le terrain des fonctionnalités, un iPad fait largement plus qu’une liseuse, il faut le reconnaitre : pour lire autre chose que du Web ou de la BD, c’est une catastrophe. En tout cas comparé à un écran e-Ink. Quiconque a pu en avoir un entre les mains aura eu le loisir de le constater : c’est tout simplement bluffant de naturel, de proximité avec le livre imprimé en terme de rendu des polices. C’est visuellement reposant et très adapté à la lecture en plein soleil – les tablettes ne peuvent pas en dire autant. Le bémol ? La légère latence au rafraichissement de l’écran des changements de page et l’absence de couleurs. J’ai d’ailleurs craqué pour un Kindle lors d’un récent passage aux Etats-Unis et je ne le regrette pas.

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DRM : le silence assourdissant d’Apple

iTunes Store

iTunes Store

Souvenez-vous, c’était en février 2007 : Steve Jobs jetait un pavé dans la marre, fustigeant les DRM, ces protections anti-copie si restrictives. Trois mois plus tard, Apple lançait effectivement iTunes Plus, une offre commerciale pour morceaux de musique non protégés – mais néanmoins « trackés » sur la base de l’identifiant iTunes Store de l’acheteur –, proposés avec un niveau de qualité et un prix supérieurs à l’accoutumée. Quelques mois plus tard, à l’automne 2007, le prix des morceaux vendus sous le label iTunes Plus était aligné sur celui des morceaux protégés. Un geste qui n’a pas manqué d’être analysé comme une réponse au lancement de l’Amazon MP3 Store, un disquaire en ligne ayant renoncé aux DRMs.

Mais depuis ? Pas grand chose. En mai dernier, Dan Moren, dans Macworld, relevait le renforcement de la concurrence, face à Apple, sur le terrain de la musique non protégée avec, notamment, outre-Atlantique, eMusic mais aussi Wal-Mart, Real Networks, Napster, MySpace et bien sûr l’Amazon MP3 Store. Mais l’iTunes Store continue de proposer une belle quantité de morceaux protégés, des deux côtés de l’Atlantique. Et Apple de rester silencieux sur le sujet : aucune proportion, aucun chiffre sur l’ampleur du catalogue déprotégé ne sont communiqués.

Selon Dan Moren, les maisons de disques ont vu une opportunité dans l’abandon des DRM : la musique non protégée peut circuler plus librement entre baladeurs de marques différentes et contribuer, ainsi, à affaiblir le monopole de fait d’Apple sur la musique numérique outre-Atlantique. Surtout si celui-ci ne profite pas du même accès aux catalogues déprotégés que ses concurrents… En France, cela n’empêche pas Apple de bénéficier d’un statut proche de celui d’ennemi public de la musique, du moins aux yeux de la Sacem. [iGeneration]

Mais le constructeur/éditeur/commerçant ne joue-t-il pas un double jeu, lui aussi ? Loin de sa vindicte initiale, Apple me semble avoir effectivement cessé de militer en faveur de l’abandon des DRM. Le développement des offres déprotégées concurrentes ne semble d’ailleurs pas encore représenter une menace sérieuse. Et le maintien des DRM ne reste-t-il pas un atout dans la manche d’Apple pour accéder aux catalogues de certains labels qui ont encore peur de renoncer à ces protections ?

Quant à savoir si ou quand Apple se lancera dans la commercialisation « flat-rate » de la musique en ligne, sur abonnement donc, je ne me fais pas trop d’illusion : sur ce marché, la firme à la pomme n’est plus en situation d’outsider contraint d’innover pour se faire une place au soleil. Je ne l’imagine renouer avec l’innovation commerciale que lorsque la pression concurrentielle le justifiera.

C’est d’autant plus vrai que le marché de la musique en ligne continuer d’évoluer vite, très vite. Quel sera, demain, le modèle commercial à succès ? L’abonnement ? L’écoute en streaming façon Pandora, Deezer ou Last.fm ? L’incertitude me paraît suffisamment grande pour qu’Apple laisse le soin à d’autres d’expérimenter à sa place. 

[MàJ 10/01/09 : Voilà, le silence d’Apple a trouvé son explication. Apple travaillait à la suppression totale des DRM sur son iTunes Store.]

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