Et si rien ne venait interdire les avertisseurs de radars ?

Ça y est, Coyote a coupé les anciennes versions…

[mise à jour, le 4/01/2012 @ 16h14 : en fait, ils peuvent toujours être légalement vendus, distribués, etc. Mais leur utilisation est désormais sévèrement sanctionnée.] La question mérite d’être posée, ce soir, alors que plusieurs membres de l’Afftac viennent de revendiquer la «mise en conformité» de leurs produits et services. Mise en conformité avec un accord conventionnel, faut-il rappeler, mais aucun texte ayant force de loi pour les utilisateurs, à ce jour.

Dans un communiqué, Admea-Navirad, Avertinoo, Coyote, Eco & Logic, Inforad, RoadPilot, Takara, Telmap et Wikango évoquent cette mise en conformité. Les utilisateurs de l’application iCoyote l’auront remarqué dans la journée : le logiciel n’est plus utilisable que dans sa toute dernière version, qui n’a pas manqué de faire polémique dans les forums de l’éditeur du service et sur l’App Store d’Apple. On remarquera toutefois l’absence d’Eklaireur des entreprises énoncées dans le communiqué, bien qu’il soit membre de l’Afftac : son application et son service n’ont pas encore été mis à jour. Mais quid des logiciels et équipements signalant la position des radars et contrôles mobiles produits par des entreprises non membres de l’Afftac ?

Une phrase du communiqué de l’association sème le doute : «Les produits et services autorisés seront certifiés par une norme dans les prochaines semaines permettant ainsi aux utilisateurs de différencier les produits autorisés par la loi des produits non-conformes.» Certifiés… pour se différencier des produits non conformes… c’est à dire que les produits Afftac seront affublés d’un label censé rassurer les bonnes gens. Bref, si les produits des membres de l’Afftac doivent être adoubés, le texte laisse à penser que les autres n’en resteront pas moins commercialement disponibles (voire légaux ?)… tout juste ne bénéficieront-ils pas d’un label rassurant. Et si rien n’est sûr, le doute n’en est pas moins grand. Selon une dépêche de l’AFP, largement reprise aujourd’hui, un décret devrait lever doute incessamment sous peu. Attendons peut-être sa publication pour en avoir le volant net.

Mais si les membres de l’Afftac peuvent donner l’impression d’avoir mangé leur chapeau, il n’est tout de même pas question pour eux de se tirer une balle dans le pied avec le sourire. Le communiqué est ainsi pour eux l’occasion de réagir aux informations du Parisien : «nous tenons à indiquer que les discussions sont encore en cours avec le Gouvernement et que l’Afftac ne laissera pas les produits de ses constructeurs perdre leur pertinence.» Une élégante façon de ménager la chèvre et le chou : noyés sous les alertes pour autre chose que des radars, les utilisateurs auront vite fait de décamper. Mais l’examen attentif de l’accord signé par l’Afftac avec le Gouvernement, en pleine trêve estivale, montre que rien n’oblige les constructeurs d’avertisseurs de zones dangereuses à noyer les radars dans les zones indiquées par les Préfectures – qu’elles n’ont toujours pas fourni. D’un côté il faut bien empêcher la fuite des utilisateurs… De l’autre, il ne faut pas que la trahison de l’esprit de l’accord soit visible. Ce qui pourrait aussi revenir à se tirer une balle dans le pied.

Bref, ce communiqué montre à quel point l’Afftac se trouve désormais dans une situation inconfortable : après s’être appuyée sur ses clients pour défendre sont gagne-pain, elle doit désormais faire un grand écart ô combien acrobatique entre sa position vis-à-vis du gouvernement et sa position vis-à-vis de ses utilisateurs. Ça risque d’être douloureux.

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