Windows 7 : l’industrie informatique retient son souffle

« A votre avis, avec Windows 7, nos ventes vont redécoller ? » Cette question, de nombreux responsables marketing de constructeurs informatiques la posent régulièrement à chaque journaliste qui leur tombe sous la main. Une question à laquelle on peut être tenté – un mauvais jour – de répondre pas un sec « je ne suis pas analyste, je n’ai pas de boule de cristal. » Bon, ça, c’est vraiment pour les mauvais jours. Alors il y a la réponse aimable et prudente : « je ne sais pas. » Qui a le mérite de permettre d’engager la conversation pour un bon moment.

Car celui qui pose la question n’a pas, non plus, la moindre idée de la réponse : la question est sincère, pas du genre de celles que l’on pose pour avoir la simple confirmation de ses propres espoirs. Là, les équipes marketing des constructeurs de PC m’ont l’air dans le brouillard le plus total. A la limite de l’angoisse. Je les comprends, d’ailleurs : la période n’a rien d’exaltant sur le plan des ventes. Du coup, comme pour Microsoft, Windows 7 constitue un enjeu particulièrement important. En fait, c’est bien simple : toutes les gammes sont quasiment figées jusqu’au 23 octobre ; tous les produits présentés d’ici là ne seront commercialisés… qu’à partir du 23 octobre, lendemain du lancement grand public de Windows 7.

Bref, chacun mise sur ce lancement, synchronisé avec les fêtes de Noël, et avec la convergence de trois segments de marché renouvelés et à fort potentiel commercial : Netbooks, ordinateurs tout-en-un tactiles et ultra-portables économiques ; un cocktail complet visant à séduire le plus grand nombre.

Mais voilà, dans les esprits de chacun, le doute est là : dans sa grande majorité, le consommateur ne va-t-il pas se dire que, finalement, « Windows 7 c’est bien mais Windows XP suffit » ? Boom, une vente en renouvellement de moins. « Ces nouvelles machines sont bien, mais mon équipement me suffit et je ne vois pas quels usages je vais pouvoir améliorer ou découvrir avec ces nouvelles machines. » Bam, une autre vente de moins. Car le problème est bien là : la plupart de ces machines – netbooks, tout-en-un, ultra-portables économiques – visent l’équipement secondaire ; celui qui vient compléter l’équipement informatique déjà existant.

Une équipement loin d’être prioritaire… Et, surtout, concurrencé par les périphériques de l’ordinateur, à commencer par l’iPhone ! Ben oui, je parle PC et j’arrive à revenir à l’iPhone – je ne le fais pas exprès, c’est promis. Mais, très sérieusement, je me demande si l’iPhone n’est pas capable de cannibaliser une part des ventes d’ordinateurs personnels de second équipement. Tout simplement parce que, avec lui, pour beaucoup et avec l’aide du bouche-à-oreille, l’innovation en termes d’usages relève de l’évidence.

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