Vous aimez les DRM ? Vous allez adorer CPRM !

Enfin, presque. Faisons simple : CPRM (Copy Protection for Removable Media) est un dispositif de protection contre la copie pour les DVD gravés avec des enregistreurs DVD de salon. Initialement, CPRM devait permettre aux diffuseurs et aux producteurs de contenus audiovisuels de s’assurer que leurs “bébés” ne seraient pas enregistrés en numérique plus d’une fois par un même utilisateur. En clair, si un vidéogramme est marqué CPRM, votre enregistreur DVD de salon va le graver en chiffrant le contenu de contenu du DVD pour éviter qu’il ne soit copié ou modifié. Ca vous plait ? Nous n’en sommes qu’au début et à la théorie. Ce serait presque tolérable si l’histoire s’arrêtait là.

Un lecteur de l’Ordinateur Individuel m’a fait parvenir un DVD-RW gravé avec son enregistreur de DVD de salon Pioneer DVDR-720 : le disque pose des problèmes à la lecture sur son PC. L’enregistreur en question embarque CPRM. Le disque que j’ai reçu apparaît sous Windows XP comme un… CD-RW vierge. Sous Linux, c’est un DVD-RW vierge. Sous Mac OS X, ce n’est rien : le disque n’est pas accessible.

Pour lire ce disque, j’ai dû lancer Nero Showtime sous Windows XP. Le logiciel m’a bien joué la vidéo, sans problème. Normal, il est compatible CPRM. J’imagine qu’il en aurait été de même avec WinDVD et PowerDVD. Mais sous Linux, aucun logiciel ne m’a permis de lire le disque; de même que sous Mac OS X 10.4.4. Aïe. Voilà qui me renvoie rapidement aux débats sur les DRM et leur ouverture, dans le cadre du débat sur le projet de loi DADVSI.

A bien consulter les documents du consortium de promotion de CPRM, j’ai appris que CPRM repose sur un procédé de chiffrement du contenu des disques qui… en sont affectés ? [NDLA: :)]. Pour qu’un disque [NDLA: j’ai vraiment envie de dire “infecté”, mais je me retiens.] CPRM soit lisible, il faut que le lecteur soit compatible avec ce dispositif. Sur un PC, cela signifie que le lecteur de DVD et le logiciel de lecture doivent être compatibles. Pour les lecteurs, une simple mise à jour du firmware semble suffire dans la plupart des cas. CD Freaks vient tout juste de se saisir de la question. Les dernières versions des logiciels semblent, de leur côté, bien adaptées.

Mais, alors, où est le problème, sinon dans la compatibilité ? A plusieurs autres endroits. CPRM interdit, en tout premier lieu, de modifier le contenu du disque – pas moyen de supprimer les pubs au milieu du film -, ou de le ripper – DVD Decrypter ne voit qu’un disque vierge. Mais ce n’est presque pas le plus désagréable. Le consortium chargé de la promotion des supports optiques réinscriptibles, le RWPPI, présente une liste de compatibilité préoccupante. Celle-ci indique que la plupart des enregistreurs de DVD de salon signés JVC, Nec, Sanyo, Sharp, Sony et Toshiba supportent CPRM. Mais cette liste indique par ailleurs que la plupart des lecteurs de DVD de salon ne le supportent pas. Est-ce à dire que les DVD enregistrés avec des graveurs de salon compatibles CPRM risquent d’être illisibles sur les lecteurs DVD de salon ? C’est probable, mais aucun test ne semble avoir été conduit en ce sens à ce jour.
C’est déjà préoccupant, mais ce n’est pas tout. Le graveur Pioneer DVDR-720 semble, selon le lecteur de l’Ordinateur Individuel qui m’a mis la puce à l’oreille, “protéger” non seulement les vidéogrammes diffusés par les chaînes de télévision, mais aussi ses vidéos personnelles gravées à partir de son caméscope… Et là, on touche tout simplement à l’inadmissible. Au fait, vous avez déjà vu un enregistreur de DVD pour lequel une “compatibilité” CPRM était mentionnée ?

Si vous rencontrez des difficultés avec les DVD gravés par votre enregistreur DVD de salon, ça m’intéresse et n’hésitez pas à m’en parler !

Note :CPRM a été étendu aux cartes mémoires SecureDigital. Au début des années 2000, il a été question de l’appliquer aussi aux disques durs ATA mais le projet a été abandonnée face à une importante levée de boucliers.

 

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