Un éclairage sur le projet Open Media Commons

Mercredi dernier, je me suis entretenu avec Gilles Gravier, “Chief Technical Strategist for Security” de Sun, au sujet de l’initiative Open Media Commons pour une plateforme d’interopérabilité des DRM basée sur le projet Dream. Aurélien s’interrogeait sur le manque d’activité autour de cette initiative.

Selon Gilles Gravier, Dream a pour objet de lier un droit d’utilisation sur un contenu numérique à une personne plutôt qu’à un support ou à un appareil. Pour lui, l’interopérabilité doit d’abord répondre à un besoin : pouvoir exercer un droit d’accès légitime à un contenu avec n’importe quel terminal. Et d’expliquer que Dream, même si l’on l’évoque aujourd’hui dans le contexte du débat sur le projet de loi relatif aux DADVSI, n’a pas vocation à se limiter au seul cas du multimédia. Pour Gilles Gravier, le débat sur les DRM va bien au-delà et touche les applications professionnelles. Il m’a notamment cité en exemple la question de l’accès au contenu d’un dossier médical. En fait, pour les lui, les applications les plus lucratives des DRM concernent des secteurs d’activité spécifiques comme la médecine, les assurances, le militaire.

Dream se positionne comme un intermédiaire qui interroge le système chargé du contrôle des droits de l’utilisateur – “Mother, may I ?”. Loin de faire l’impasse sur le point délicat du chiffrement – “souvent propriétaire ou du moins protégé” -, Gilles Gravier souligne que Dream ne descend pas à ce niveau-là de l’interopérabilité.

Le projet Open Media Commons, basé sur Dream, peut paraître actuellement en sommeil. En fait, c’est bien normal. Pour l’heure, le projet n’a hérité que de développements déjà réalisés en interne par Sun. L’atelier prévu pour les 15 et 16 mars prochains doit marquer le réellement démarrage de travaux qui seront probablement animés par un comité de pilotage. “Les choses concrètes arriveront après cet atelier”.

Au final, “Sun espère que les gens qui croient à une utilité légitime des DRM vont simpliquer dans Open Media Commons”.