Téléphonie SIP : le jeu dangereux de Free

Lors d’un entretien sur les offres dites d’ADSL “nu” pour Univers Mac, Michaël Boukobza, PDG de Free, me faisait remarquer que le revenu moyen par abonné ADSL est supérieur au simple prix de son abonnement, notamment du fait des appels qu’il reçoit sur sa ligne Freebox.

Petite explication : si un abonné France Télécom appelle une ligne téléphonique de Freebox, France Télécom reverse à Free une somme négociée entre eux. On parle de frais d’interconnexion. Avec l’ADSL “nu” ou le dégroupage, cette manne a tendance à grimper : la ligne de téléphone de la Freebox est la seule sur laquelle l’abonné peut recevoir des appels.

Mais ouvrant sa téléphonie au protocole SIP, Free ne risque-t-il pas de tuer la poule aux oeufs d’or ? Je relève en effet deux menaces pour le FAI :

1- Des abonnés indélicats décident de partager leur “ligne” Free SIP avec des tiers, soit de manière simple – en installant un téléphone SIP chez le tiers – soit de manière plus élaborée – via une installation Asterisk de type Trixbox.

2- Des concurrents indélicats ou de petits “taxiphones” décident de payer des abonnés Free pour pouvoir utiliser commercialement leur ligne “freephonie” (par exemple aux heures où ils sont absents de chez eux) pour vendre des communications à l’étranger ou même contourner les frais d’interconnexion [avec la téléphonie mobile, on a parlé fut un temps de hérissons].