Quand Apple joue sur du velours…

Google s’en souvient – et pas que lui -, il y a un an et demi, j’évoquais le caractère radicalement disruptif de l’iPad et son potentiel ravageur sur le marché de l’informatique personnelle et des netbooks, notamment mais pas que. J’avais tort quant à son impact vis-à-vis du MacBook Air. Et d’Android. Et – je l’espère, mais là c’est un voeu personnel parce que j’adooore les écrans e-Ink pour lire – pour le Kindle (et le Nook, au passage). Pour le reste, les chiffres de Gartner sur les ventes de PC en France et en Europe de l’Ouest me confortent dans mon regard, trimestre après trimestre. Outre la satisfaction personnelle de ne pas avoir tout faux, la question qui se pose, c’est pourquoi.

Pourquoi les ventes de PC – et notamment portables, et en particulier celles de netbooks – s’effondrent-elles ? Pourquoi l’iPad semble-t-il être la seule tablette dont veuillent les consommateurs (y compris quand on leur en donne le choix…) ? Pourquoi les ventes de Mac se portent-elles encore plutôt pas mal là où le reste de l’industrie du PC souffre ?

M’est avis que les raisons sont multiples et que, pour certains, et Apple en particulier, elles ont le bon goût de converger vers un même effet, positif :

1- Warren Buffet m’en est témoin : le pouvoir d’achat des gens aisés n’a pas encore été impacté significativement par la crise (celle de 2008 et ses répliques). Du coup, ceux qui ont des sous peuvent encore acheter des machines Apple à tour de bras. Juste pour le fun et parce que c’est beau, bien pensé, et branché. Et qu’accessoirement, ça marche.

2- Ceux qui ont moins de sous réfléchissent à deux fois avant d’acheter un second PC, même pas cher, sur le mode : «mais si on met plus, c’est de meilleure qualité et peut-être qu’un Mac se revend mieux d’occasion ?» Ou encore : «Ok, un truc pour surfer sur Internet, ce serait pas mal. Mais pas un PC ! L’iPad, c’est plus adapté. Plus cher, d’accord, mais plus adapté. Et ça se revend mieux d’occasion qu’un PC à deux balles.» Bien vu : un Mac se revend plutôt bien d’occasion. J’ai même réussi à retirer 300 euros d’un MacBook Pro 13” hors service, en janvier dernier; une machine achetée 900 euros six mois plus tôt. Grillée par un mug de café. Et pour utiliser Internet, l’iPad, ça marche plutôt bien. Quant à le revendre, les prix sont ahurissants : acheter un iPad d’occasion revient grosso modo au même prix que l’acheter aux Etats-Unis, malgré un dollar franchement faible.

3- Ceux qui ont moins de sous – mais encore assez pour penser à changer de machine – se disent qu’avec iPad ils feront l’essentiel, le confort en plus et que leurs données passées et à venir – genre photos – pourront toujours être sauvegardées sur le (vieux) PC de la maison. Qui s’offre, du coup, une prolongation de service.

4- Ceux qui n’ont pas de sous vendent un rein pour s’acheter un iPad. Franchement, c’est triste, très triste. Mais c’est arrivé. Autre option : ils prennent un abonnement mobile trop cher avec un smartphone offert pour continuer de communiquer via Internet. Parce que l’essentiel, c’est de communiquer. Et par Internet. Et pour ça, smartphone, PC, ou iPad, c’est pareil. C’est juste que, si ça le fait bien, c’est mieux.

Voilà donc l’image, grossière et forcément incomplète, d’un contexte très très largement favorable à Apple. A ses iPad et aussi à ses ordinateurs portables, MacBook Air en tête. Et tant pis si cela peut paraître paradoxale alors que beaucoup n’ont cessé de critiqué Apple pour son placement tarifaire élevé.

A dresser ce tableau, il reste tout de même quelques questions… À commencer par pourquoi l’iPad réussit là où les (quelques) autres tablettes échouent ? Du moins pour le moment, et malgré toutes les critiques dont l’iPad peut faire l’objet (fermeture, etc.). L’effet premier sur le marché ? Et, pensant au 3ème point : quel sera l’impact d’une offre intégrée comme iCloud sur le marché des PC ? A voir…

 

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