Les DRM en ligne de mire

Alors que le débat fait rage en France autour du projet de loi sur les DADVSI [NDLA: quoique sur le site lestelechargements.com, ça ne ressemble pas vraiment à un débat… Je n’ai pas vu les artistes “bloggés” venir réagir aux commentaires des internautes, par exemple.] des voix pas franchement anodines s’élèvent contre les DRM.
Dave Goldberg estime ainsi que “les restrictions dues à la gestion des droits d’auteur ont créé des barrières pour les consommateurs” et conseille rien moins que l’abandon des DRM. Mike Evangelist, un vétéran d’Apple, lance carrément un appel au boycott des produits HD : “sous la pression d’Hollywood, [les industriels de l’électronique grand public] préparent la suppresion complète du concept de fair use [NDLA: la copie privée, en France]. Ils mettent au point des systèmes qui vont totalement contrôler comment, quand et où vous pouvez utiliser le contenu que vous achetez. Pire, ils peuvent changer les règles du jeu de manière rétroactive.” Ce qui nous renvoie à la perspective de rematérialisation du contenu. Et Mike Evangelist de fustiger le dispositif anti-copie des DVD haute définition, AACS, qu’il pastiche par “Baisage automatisé et agressif du consommateur” au lieu de “Système d’accès avancé au contenu”.
Ironie des temps, la loi DADVSI veut sacraliser les DRM au moment même où ils sont attaqués : Softvault a en effet engagé des poursuites en janvier dernier pour violation de sa propriété intellectuelle à l’encontre de Microsoft, Dell, Napster, Yahoo, Gateway, Samsung, Crative, Toshiba, Palm, Audiovox, Sandisk, Iriver et Thomson. En ligne de mire : la DRM de Microsoft, celle-là même qui est utilisée par toutes les plateformes de téléchargement dit légal en France, à l’exception d’iTunes. Et si, enfermés dans cette DRM, nous finissions par tous tomber dans l’illégalité ?
Cela ne manquerait pas d’ironie !