L'encre électronique fait ses premiers pas dans la presse

Les composants de la couverture électronique.

C’est une première qui fait du buzz: le magazine américain Esquire vient de publier 100 000 exemplaires d’un numéro anniversaire intégrant un affichage à encre électronique dans sa couverture. Et même deux, en comptant la publicité Ford en page 2.

L’initiative attire tantôt l’enthousiasme, tantôt l’opprobre sur le Net, depuis quelques jours que le magazine est sorti dans les kiosques américains. Une chose est sûre : elle ne laisse pas indifférent.

La question, c’est pourquoi ? Pourquoi, en effet, faire autant de foin autour d’un affichage qui clignote, intégré dans une couverture rigidifiée par les mousses de protection du circuit imprimé et piles intégrés ? Affichage en noir et blanc qui ne sert qu’à jouer sur le contraste pour mettre en valeur des imprimés translucides et quelques mots : “The 21st Century Begins Now”; “le 21ème siècle commence aujourd’hui”, en français.

En premier lieu, il convient de relever que, si la couverture est rigide, ce n’est dû qu’au circuit électronique : les afficheurs sont parfaitement souples. On ne parle donc pas là d’écrans à cristaux liquides rigides conventionnels. Mais ces afficheurs sont segmentés : ils sont construits pour afficher des motifs prédéterminés et aucune programmation ne pourra changer cela.

Alors, pourquoi ce buzz ? Rappelez-vous : les premiers écrans à cristaux liquides n’offraient guère plus de possibilités. Depuis, ils se sont mis à la couleur et à la haute définition 1080p. Un sacré chemin parcouru. De là à imaginer que l’e-ink d’Esquire profite d’un destin comparable, il n’y a qu’un pas. Et pour peu que l’on se laisse aller à le franchir, on comprend alors pourquoi Esquire a réussi à générer autant de buzz autour de sa couverture clignotante.

Et l’on peut ajouter à cela que les écrans intégrés à cette édition anniversaire d’Esquire ne sont pas rétro-éclairés; et que l’électricité ne sert qu’à ordonner le passage du blanc au noir (et inversement, voire avec des niveaux de gris) mais surtout pas à maintenir un état d’affichage : il suffit de débrancher un écran du contrôleur pour s’en apercevoir; l’affichage reste figé. Du coup, les piles prévues par l’éditeur devraient fournir de l’électricité pour au moins 90 jours. De quoi faire rêver les fabricants de baladeurs multimédia.

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