Le prix d'un PC de salon

J’ai assemblé et configuré mon PC de salon entre février et mars 2004. Il est totalement opérationnel depuis, malgré quelques changements mineurs de configuration logicielle. Cependant, si c’était à refaire aujourd’hui, je ne retiendrai sûrement pas les mêmes composants. Petit coup d’oeil sur le panier du technophile.

Soyons clair : assembler un PC de salon revient cher. Le but est donc, en ce qui me concerne, de tirer la note totale le plus possible vers le bas. Commençons par le boîtier. Le choix s’est aujourd’hui sensiblement étoffé en France. A ce jour, je m’orienterais vers le boîtier Calavier II de Coolermaster. On le trouve facilement à moins de 140 € avec une alimentation 300W. Dans la même gamme de prix, la plupart des concurrents font l’impasse sur l’alimentation. Le Cavalier II intègre 2 emplacements 5.25″ et 2 emplacements 3.5″ en façade ainsi qu’un emplacement 3.5″ interne. En façade, on trouve également 2 ports USB 2.0, un port Firewire êt les classiques entrée/sortie audio. Le boîtier est ventilé par un ventilateur 8 cm en façade et un 12 cm en extraction. Par expérience, je serai tenté de penser que le ventilateur 8 cm sera bon à… couper, et le 12 cm à remplacer par un Papst ou un Noise Blocker réglé à vitesse minimale. Contrairement aux boîtiers HTPC “classiques” – à savoir, non prévus pour un refroidissement passif du processeur – le Cavalier II intègre des d’ouïes d’aération sur les côtés et le dessus qui permettent une circulation d’air sans ventilation, comme dans les éléments HiFi.

Le Cavalier II accepte les cartes mères ATX. Une bonne idée qui permettra de limiter les frais sur ce poste-là. En l’occurence, c’est sans le moindre état d’âme que j’opterais pour un couple Asrock K7VT4A+/Sempron 2200+. Avec l’excellent ventirad Zalman CNPS5100 AlCu – ventilateur au minimum, il sera suffisament efficace tout en étant totalement inaudible -, la facture du trio atteint moins de 90 €. Notons que le ventilateur du Zalman CNPS5100 AlCu est un 8cm tout ce qu’il y a de facile à trouver et à remplacer en cas de besoin : un atout lorsque l’on contemple la poussière rapidement accumulée et collée sur les ailettes des ventilateurs informatiques. Pour la mémoire, inutile de faire des dépenses somptuaires, deux barrettes de 256 Mo en DDR333 suffiront pour une petite soixantaine d’euros. Total provisoire: 290 €

Pour le disque dur, j’ai envie de dire… faites ce que vous voulez! Personnellement, je n’ai besoin de beaucoup de stockage sur le PC de salon puisque j’ai choisi de déporter le stockage dans le réseau domestique. Quelque soit la capacité retenue, je ne saurais trop recommander – comme tout le monde, d’ailleurs, et donc, sans la moindre originalité – un Seagate Barracuda 7200.7. Pour les besoins de notre exercice comptable, prenons le modèle 160 Go facturé moins de 95 €. Pour le lecteur/graveur de DVD, même chose, sinon que les modèles Toshiba sont souvent recommandés par les spécialistes du silence. Cela, aucun lecteur/graveur de DVD n’est dignement utilisable sur un PC de salon sans que l’on prenne le soin de réduire logiciellement sa vitesse de rotation. Nous y reviendrons une autre fois. Pour être sûr de couvrir les besoins les plus complets, je retiens un modèle LiteOn SOHW-1653S double couche à moins de 80 €. Total provisoire: 465 €

Etape suivante, la carte graphique. Je souris régulièrement en lisant les commentaires d’observateurs du marché en extase devant telle nouvelle carte à refroidissement passif comme la Gigabyte GV-NX66T128VP que vous voyez ici. Outre le fait qu’elle fonctionne en PCI Express – ce qui ne nous arrange pas du tout dans la cadre de cet exercice – on système de refroidissement passif avec caloduc interdit son installation dans bon nombre de boîtiers HTPC. Au final, je m’orienterai donc vers une carte “de base”, à savoir une GeForce FX5200 ou Radeon 9200/9550 à refroidissement passif, pour moins de 50 €. A choisir, je préfère la GeForce dont les pilotes acceptent la résolution de 960×600 pixels, parfaite pour un téléviseur 16/9èmes.Total provisoire: 515 €

Question suivante : la carte TV! Ca se complique. Pour la télévision et la radio FM analogique, pas d’hésitation : l’excellent AverMedia M150 à 80 €. Pour le satellite, c’est plus compliqué. Premier choix: utiliser une carte d’acquisition analogique et commander, via un répéteur infrarouge, un récepteur satellite de location. Deux avantages : cette solution est compatible avec la plupart des logiciels d’interface – les “frontend” – pour PC de salon, dont, notamment, Windows MCE 2005 pour lequel la mise en oeuvre de cette solution est d’une simplicité déconcertante; pour regarder la TV, pas besoin d’allumer le PC ou de renoncer aux services interactifs de son opérateur TV satellite. Deux inconvénients : cette solution entraîne une perte de qualité du fait de la conversion du signal numérique du satellite en analogique puis de sa recompression en numérique par la carte TV; il faut un émetteur infrarouge pour commander le démodulateur satellite. Personnellement, je préfère la seconde solution. Pour la mettre en oeuvre, les abonnés à TPS ont besoin d’un module CAM Viaccess à environ 90 € pour recevoir leur carte d’abonné. Le module s’enfiche dans le port CI de la carte satellite. Pour cela, rien de tel qu’une Hauppauge Nova-CI à environ 120 €. Les abonnés Canal+/CanalSatellite peuvent faire le même choix avec un module CAM AstonCrypt. Cependant, les nouveaux modules sont réputés peu compatibles avec les cartes satellite pour PC. En outre, j’ai personnellement grillé mon module AstonCrypt 1.06 avec le module d’extension CI d’une Nexus-S. Au final, je suis tenté de recommander l’achat d’une carte vraiment pas chère comme la Skystar 2 (env. 60 €) avec un programmateur de cartes à puce Infinity USB Phoenix (env. 45 €). Connecté au port série du PC, ce programmateur lira la carte pendant qu’un petit logiciel, PMCam, assurera l’interface avec le flux TV du satellite. Au final, un facture à 90 €. Total provisoire: de 600 € à 740 € selon les besoins

Dernière question, et pas des moindres, celle de la télécommande… On pourrait penser que celle fournie avec la carte TV suffit. C’est vrai. Mais le le récepteur infrarouge pêche souvent sur un point : il est incapable de sortir le PC de la veille. Hors, mettre son PC de salon en veille présente de nombreux avantages : pas besoin de toucher aux boutons en façade pour démarrer la bête – c’est plus “children proof” et “wife friendly”, croyez-en mon expérience avec mes deux montres 😉 -; la mise en route et la disponibilité de la machine sont immédiates; la machine peut sortir seule de la veille pour lancer un enregistrement programmé. Du coup, deux choix sont possibles. Le premier consiste à commander au Canada l’excellent récepteur/émetteur infrarouge Tira 2 de Homelectronics. Vendu 50 $, il est très bien supporté par Girder, un logiciel d’interface entre télécommande et logiciels du PC. Il se branche en USB et fonctionne par apprentissage avec n’importe quelle télécommande. Mieux, avec Girder, il permet d’émettre le signal d’extinction de la TV lorsque l’on met le PC en veille. Pratique pour n’utiliser au final qu’une seule télécommande. Seconde option : un ensemble télécommande/récepteur/émetteur IR pour Windows MCE. Philips propose un modèle de très bonne qualité que l’on trouve sur Internet outre Atlantique à moins de 30 $.

Au final, notre addition oscille entre 650 et 800 €. Comme je vous le disais, ce n’est pas donné. D’autant plus que j’ai pris là le parti d’utiliser le chipset sonore intégré à la carte mère, un choix pas forcément satisfaisant. Mais une chose est sûre : quand on y a gouté, il est très difficile de s’en passer tant les fonctions sont vastes. Mais ça, je vous en parlerai une autre fois.