CPRM: le point

Où en sommes nous avec CPRM ? Les éléments que j’ai recueillis après quelques jours d’enquête m’ont conduit à me forger une opinion assez précise sur le sujet. Je vous livre le fruit de ma réflexion.
Tout d’abord, les enregistreurs DVD de salon utilisent CPRM pour protéger les enregistrements, depuis 2003. La protection s’est initialement faite remarquée parce que les appareils compatibles imposent l’utilisation de DVD-R/-RW/-RAM compatibles CPRM et que ces disques n’étaient monnaie courante il y a plus de deux ans. Depuis, il se sont largement généralisés et l’application de CPRM est devenue transparente pour une grande majorité d’utilisateurs. Dans la pratique, quels sont les effets de CPRM ?
Avec un enregistreur DVD de salon, CPRM a toutes les chances de passer inaperçu. Son implémentation pourrait même être fantaisiste au point de n’empêcher en rien les copies que le dispositif est censé interdire. La lecture ne devrait pas poser de problème, y compris sur de simples lecteurs de DVD non compatibles CPRM, pourvus qu’ils supportent le format d’enregistrement utilisé (VR, notamment).

Les disques protégés par CPRM sont illisibles avec des lecteurs et graveurs de DVD de PC non compatibles CPRM. Ils apparaissent comme vierges sous Windows XP, Mac OS X et Linux. Mais des logiciels compatibles CPRM, comme Nero Showtime par exemple, peuvent en lire le contenu. Sous Mac OS X et Linux, je n’ai pas trouve de logiciel compatible.
Les disques protégés par CPRM semblent lisibles avec des lecteurs et graveurs de PC dont le firmware n’intègre pas le support de la protection. Contrairement à toute attente, il semble même que les vidéos ne soient pas chiffrées et, du coup, parfaitement lisibles et rippables.

CPRM apparaît donc comme une protection à la mise en oeuvre plus qu’erratique qui, si elle présente des failles, ne va pas sans poser de problèmes aux utilisateurs d’ordinateurs personnels et de graveurs de DVD de salon. A l’enregistrement, CPRM peut être néanmoins contournée avec des boîtiers spécialisés dans la suppression de la macrovision et de CGMS-A [NDLA: de vous à moi, c’est un technicien de TPS qui m’a fait mettre le doigt dessus en évoquant l’existence de ces boîtiers, au motif que “ça peut aider en cas de problème”, après m’avoir précisé, le plus sérieusement du monde, qu’aucun signal de protection ne se promène dans les programmes diffusés par TPS]. Cependant, ce type de boîtier risque d’être rendu illégal par la loi sur les DADVSI actuellement en débat au Parlement.

Ironie du sort, CPRM lui-même pourrait être remis en cause par cette même loi. Ainsi, CPRM, en s’appuyant sur CGMS-A, ne prévoit aucun mécanisme permettant de compter le nombre de copies réalisées par un même utilisateurs sur un ou plusieurs appareils de gravures ou de copie différents. Si la DADVSI prévoit d’autoriser un nombre de copies précis au titre de la copie privée, CPRM pourrait bien se retrouver hors la loi, au moins pendant un temps. Sa révision ne serait cependant pas très rapide : le 4C devrait pour cela revoir sa copie sur CPRM et l’IEC, la sienne sur CGMS-A. J’imagine déjà la CLCV ou encore l’UFC Que Choisir demandant l’interdiction à la vente des appareils compatibles CPRM et exigeant des mises à jour pour supprimer la protection en attendant sa mise en conformité réglementaire…

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