Comment verrouiler l'iPhone ?

361416183_5232a16dfe.jpgComment Apple pourra-t-il bien réussir à empêcher des tiers à développer des applications pour son téléphone mobile multimédia. L’interrogation est légitime : après tout, Steve Jobs a bien indiqué que son iPhone embarque Mac OS X, un système d’exploitation pour lequel le kit de développement, baptisé Xcode, est disponible gratuitement.

Mais pour empêcher les développements non autorisés pour l’iPhone, Apple pourrait commencer par ne pas livrer de version de Xcode adaptée à l’iPhone. Avec l’Xcode actuel, il manque en effet (au moins) deux choses pour développer pour l’iPhone : les librairies relatives à la téléphonie et le compilateur pour le processeur de l’Phone. Sa nature exacte est d’ailleurs toujours inconnue. Je ne serais pas surpris qu’Apple se batte bec et ongles pour la cacher aussi longtemps possible quitte à cacher processeur et jeu de composants de téléphonie de manière “hard” sur l’iPhone (en les fondant dans une “coque” en plasque, par exemple).

361415997_cf80cc2aa0.jpgSurtout, Apple pourrait adopter un mécanisme de signature numérique des fichiers d’installation et des exécutables compilés pour l’iPhone. Ce type de mécanisme existe déjà sur les smartphones Symbian. Du coup, les développeurs tiers ne jouissant pas d’un adoubement d’Apple pourraient bien n’avoir d’autre possibilité que de construire des widgets pour l’iPhone, comme ceux du Dashboard de Mac OS X 10.4. Et encore…

Quant aux possibilités de “hack” de l’iPhone, je ne serais pas surpris qu’Apple fasse feu de tout bois pour les limiter sévèrement. Lors du salon Macworld Expo, j’ai pu brièvement interroger un ingénieur d’Apple à ce sujet. Sa réponse était claire : oui, il y a bien Mac OS X à l’intérieur, mais pas d’accès à la couche Unix de la bête et notamment pas d’accès Telnet. Reste qu’Apple devra tout de même prévoir un accès aux entrailles de l’iPhone en USB pour mise à jour du firmware et connexion avec iTunes. Mais cet accès sera très probablement très sécurisé.

361416213_265205c170.jpgAprès tout, compte tenu de ce qu’Apple semble demander à un opérateur partenaire comme Cingular en termes de développement de services et de subventionnement du terminal, je le vois mal laisser la porte ouverte à des applications qui seraient susceptibles de rendre la poule aux oeufs d’or moins attractive. Car c’est bien à cela que ressemble, à mes yeux, l’iPhone : une machine à cash pour opérateur mobile. Je pense notamment à l’absence de logiciel de messagerie instantanée Internet (iChat ou MSN Live Messenger) et de système de téléphonie sur IP, mais aussi à un logiciel de SMS conçu pour l’utilisateur utilise des SMS sans compter.

Il y a au moins un cabinet d’analystes qui ne s’y est pas trompé. C’est ABI Research pour qui l’iPhone n’est pas un smartphone. Sa fermeture le limite au statut de ” high-end feature phone “, un téléphone mobile multimédia haut de gamme. Mais cela n’enlève rien à son caractère innovant, notamment en matière d’interface utilisateur.