Apple TV : prenez un produit pensé ‘WAF’ et laissez faire le geek…

…et il vous sortira une critique de Geek ! Voire de nerd – mais je dis ça sans méchanceté aucune; j’ai de gros penchants nerd. Je pense bien sûr à la conclusion du test de mes honorables confrères de Clubic. Conclusion dans laquelle j’ai un peu (le mot est faible) de mal à me retrouver bien que l’Apple TV 2.0 ne me satisfasse pas complètement.

Reprenons. Au rang des plus : “design impeccable, interface très agréable, ne chauffe pas/reste silencieux, bonne qualité du streaming des vidéos”. Jusque là, rien à dire. Après tout, l’interface me semble clairement clé et là, ça fonctionne : c’est simple, efficace et élégant. Oui, j’ai essayé XBMC et Plex; j’apprécie aussi. Mais “le cambouis” reste trop accessible… dixit ma femme. D’où un “WAF/Wife Acceptance Factor” – elle adore ce terme; je ne mens pas – proche de 40 pour ces deux-là et de 90 pour l’Apple TV. Quant à dire qu’une PS3 “couplée à MediaLink sur Mac ou à PS3 Media Server sous Windows est tout aussi pratique et accessible”, c’est à tout le moins un peu exagéré…C’est peut-être vrai pour une vidéothèque ou une discothèque de 15 éléments mais au-delà de la centaine, l’interface de la PS3, c’est la noyade. Là, pour le coup, on est plus dans l’univers Tvico que dans le monde XBMC/Plex, en termes d’ergonomie et de convivialité. Et, pour ma femme, le WAF tombe à 10 – désolé de me la jouer remake de dialogues de série policière américaine; c’est totalement indépendant de ma volonté.

Mais continuons. Au rang des moins, en première position : “compatibilité limitée (DivX/MKV/1080p…)”. Si je ne m’abuse, l’Apple TV ingère les vidéos 1080p mais se contente de les restituer en 720p. Ce n’est donc pas exactement une question de compatibilité en entrée – comme pour le DivX ou le MKV – mais plutôt une limitation de restitution. Certes regrettable mais, s’il vous plaît, restons ordonnés. La question du DivX et du MKV me fascine toujours autant. C’est vrai, c’est une limite. Mais pour qui, honnêtement… les nzb addicts ? Pour le reste, n’en déplaisent aux trublions de la toile, le MPEG-4 est tout juste… un standard. Accessoirement, avec les machines actuelles, la conversion est tout sauf un calvaire. En outre, un fichier encodé pour l’Apple TV est tout aussi lisible sur un iPhone 4 et un iPad; ce ne manque pas forcément d’intérêt.

AirPlay... ce qui donnera du sens à l'Apple TV 2.0

Vient ensuite L’absence de stockage intégré. Là, je dois dire, je suis perplexe. Que préférer ? Une “appliance” multimédia avec 2 To de disque dur intégré ou un truc à ultra-faible consommation (la comparaison par rapport à une PS3 est vite faite sur ce terrain là…) qui va s’alimenter en streaming sur Internet ou sur un NAS ? Oups. Non. Pas sur un NAS. C’est là un vrai point faible de l’Apple TV 2.0. Pour l’alimenter, il faut activer le partage domestique sur iTunes. Et donc – à moins de vouloir bidouiller avec forked-daapd – il faut laisser son Mac allumé. Du coup… que l’Apple TV consomme ou pas, dans l’équation, ça compte un petit peu moins. Reste que l’Apple TV est une machine à consommer de la location en streaming : l’utilisateur n’est supposé utiliser son Mac que pour l’alimenter ponctuellement. C’est une machine anti-vidéothèque personnelle. C’est tellement vrai que, pour accéder à ses contenus domestiques, il faut fouiller dans les menus. Dans la dialectique d’Apple, en termes d’ergonomie, on pourrait dire “c’est la croix et la bannière.” Bref, l’Apple TV est une machine à consommer sans modération du contenu payant en streaming. Point. On aime ou on aime pas mais c’est clairement ce qui transparaît de la bête. Au premier abord, tout du moins, et en attendant iOS 4.2. On y revient plus bas. Reste que, dans cette perspective, les limites du catalogue de vidéos d’Apple ont de quoi paraître sévères. Et ça, Stéphane Rucher le relève à juste titre.

Mais là où j’ai un mal fou à le suivre c’est sur ce “moins” : “Application Remote presque indispensable.” En quoi, sérieusement, est-ce une limite ? Dans la pratique, c’est une évidence : un appareil tel que l’Apple TV gagne à être commandé par un écran tactile – ne serait-ce que pour parcourir des listes. L’application Remote, dans ce contexte, flirte avec la bénédiction. En tout cas, elle est très pratique – notamment si vous avez des enfants et que, comme les miens, ils ont une fâcheuse tendance à planquer les télécommandes (volontairement ou non).

Mais revenons aux perspectives d’iOS 4.2. C’est probablement d’ici quelques jours que l’Apple TV 2.0 donnera, avec cette mise à jour pour iPad, iPod et iPhone, tout son potentiel : celui d’être le diffuseur des contenus consultés sur le terminal mobile. Dans une logique un peu comparable à celle de l’All Share de Samsung, quoiqu’en moins abouti. Grosso modo : vous voulez partager à plusieurs une vidéo YouTube découverte sur l’iPad, inutile de faire tourner la tablette; il suffira de lancer la diffusion de la vidéo sur le téléviseur directement depuis l’iPad. En appuyant sur un seul bouton. C’est ça l’ergonomie Apple et je sens que ça va plaire à ma femme.

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