Apple renoue-t-il avec ses vieux démons ?

Ceux qui ont connu l’Apple des années 1980-1990 s’en souviennent : pendant longtemps, la firme à la pomme n’a misé que sur des technologies « in house ». C’était le cas du bus ADB pour les clavier et souris, du bus NuBus pour les cartes d’extension, etc. Il a fallu atteindre la fin des années 90 pour qu’Apple se décide enfin à s’ouvrir à des technologies largement répandues dans le monde l’informatique comme l’USB et le PCI. Le renoncement au SCSI pour des disques durs au profit de l’IDE n’a pas non plus manqué de susciter un certain émoi. Et que dire du récent passage – 2005 – à des architectures x86 pour les Mac, en lieu et place du vieux PowerPC ? Une migration que l’on peut considérer comme l’achèvement d’une longue démarche d’adoption de composants électroniques standards pour ne plus garder, comme différenciateur, que le design et le logiciel ; ce qui n’est déjà pas rien.

iPhone

Mais voilà qu’Ashlee Vance, du New York Times, se penche sur le rachat de PA Semiconductors par Apple en avril dernier. Et de relever que Wei-han Lien, un ingénieur de PA Semi passé dans les rangs d’Apple ne cache pas ses fonctions très officielles d’architecte pour processeurs sur sa fiche LinkedIn. Et que cela laisse-t-il entrevoir ? Tout simplement la confirmation de ce qu’indiquait Steve Jobs après le rachat de PA Semi, à savoir que ces équipes allaient se concentrer sur la conception de processeurs ARM pour iPhone et iPod.

Revoilà donc Apple parti sur le chemin de la conception « in house ». On arguera bien sûr que, ce faisant, et comme le relève très justement Ashlee Vance, Apple pourrait gagner la possibilité d’enrichir ses puces ARM de fonctions dédiées ses iPhone et iPod.

Mais pourquoi cette logique de la conception « in house » serait-elle une meilleure idée pour les terminaux mobiles que pour les ordinateurs personnels ? Peut-être tout simplement parce que ces deux marchés sont très différents. Qu’Apple ne s’est pas engagé dans une stratégie de partage du marché des Smartphones vidéo-ludiques. Et qu’il n’entend probablement pas non plus lâcher de sitôt le contrôle de la distribution des applications pour iPhone/iPod via son AppStore. Bref, un modèle bien qui n’a rien à voir avec celui de la micro-informatique.

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