118 XXX : on aurait tué la poule aux oeufs d'or ?

Un article de mon confrère des Echos Jamal Henni sur l’augmentation des tarifs de deux services de rensignements téléphoniques depuis les mobiles m’a incité à revenir sur l’actualité des 118 XXX après leur lancement en demi-teinte au printemps dernier.

Même pas un an après, l’ouverture à la concurrence du marché des renseignements téléphoniques a des airs de mauvaise farce. Le 118 400 a jeté l’éponge fin septembre; ce n’est pas le premier et ce ne sera probablement pas le dernier : le marché, en chute libre (de 30 à 40 % de recul), est dominé trois opérateurs qui laissent peu de place à leurs concurrents. Ces trois leaders sont, dans l’ordre, le 118 218 (Le Numéro), le 118 000 (Telegate) et le 118 008 (FT).

De son côté, Lutte Ouvrière dénonce les effets sur l’emploi de l’ouverture à la concurrence du marché des renseignements téléphoniques. Mais les chiffres du syndicat ne portent que les salariés chargés des services de renseignement de France Télécom. Il faudrait connaître ceux des autres opérateurs pour disposer d’une vision globale.
Reste que cette ouverture à des allures de fiasco. Ses raisons ? Elle sont presque évidentes : seuls les services qui ont eu les moyens de se construire une visibilité à grand renfort de pubs peuvent survivre; les consommateurs n’ont pas suivi, repoussés par des tarifications opaques et complexes; un recul évident du bénéfice consommateur, tant sur les prix que sur le service.

Et tant pis si l’Arcep préfère adopter une vision plus positive du marché.